Aujourd’hui plus qu’hier…

 

« Adieu, jusqu’au revoir ».
MOLIERE, l’Ecole des maris, II, 3.

C’est l’adieu du Midi, qui veut dire à bientôt et n’est qu’un au revoir. En octobre 2006, j’ai eu le tort d’écrire : « Je ne quitte pas la Sécu, la Sécu m’a quitté » . Un moment de dépit… En quittant la Cpam de Nantes, j’ai quitté des fonctions qui ne me convenaient plus. Et nul n’y a perdu, pas plus moi que les autres. Mais je n’ai pas quitté la Sécu. La Sécu ne m’a pas quitté non plus. Et j’y gagne beaucoup, n’ayant plus rien à perdre.

Le combat que j’ai pu y mener ne m’a pas fait que des amis, s’il m’a valu quelques surnoms. Et même des noms d’oiseaux… Très au-delà des fraudes et abus de toutes sortes, je dénonçais déjà l’emprise des technocrates, l’hypocrisie des politiques, le corporatisme des syndicats médicaux, l’effacement des « partenaires sociaux », la faillite de la démocratie sociale. Et l’inanité d’une réforme 2004 qu’on nous avait vendue comme la « réforme du siècle », mais n’a pas mis trois ans pour en appeler une autre. Le pire est à venir, on le voit tous les jours.

Je veux poursuivre ce combat. Avec tous ceux, nombreux, qui n’ont pas renoncé. Contre les menaces qui pèsent, chaque jour davantage, sur notre Sécurité sociale collective et solidaire. Que nous avons chèrement acquise et que nous allons chèrement payer.

Aujourd’hui plus qu’hier… et bien moins que demain.

 

Claude Frémont, 29 octobre 2007.